18 janvier 2008
Les activités de l’AMREF à Jamhuri Park sont en cours en dépit d’un peu de retard de la part des fournisseurs, en particulier dans la livraison des matériaux de construction et des réservoirs d'eau et en raison des affrontements ayant lieu à Nairobi. L’AMREF est responsable des activités relatives à l'eau et à l'assainissement dans le camp, et a déjà établi des liens de travail solides avec les principaux acteurs, y compris la Croix-Rouge et le Comité international de secours.
Au cours des deux derniers jours, il y a eu de nouveaux affrontements et des manifestations. De nombreuses victimes sont venues chercher refuge dans le camp de personnes déplacées de Jamhuri à Nairobi. Le nombre de personnes passant la nuit au camp a considérablement augmenté, passant de 1100 à 3133. Il y a de diverses nationalités; 2893 Kenyans, 226 Ethiopiens, 12 Congolais, et 2 Somaliens. Pendant la journée le nombre de personnes déplacées frôle les 7.000 personnes.
Jusqu'à présent, l'AMREF a fait don de réservoirs d'eau d'une capacité de 25000 litres. Ceux-ci ont été connectés à la conduite principale d'eau et sont en bon état de marche. En outre, l'AMREF donnera 200 conteneurs de plus d’une capacité de 20 litres aux familles déplacées avec 50000 comprimés pour épuration de l'eau.
Pour assurer l'accès aux installations sanitaires, l'AMREF a déjà creusé 12 latrines à fosse, avec le soutien de la société de distribution d’eau de Nairobi 'Nairobi Water Company'. Les latrines seront prêtes dimanche. La Fondation a également commandé des désinfectants pour le nettoyage et l'entretien de ces installations pour les trois mois à venir. De plus, 8 abris bain / douche seront terminés d'ici le 20 janvier.
En raison de l'augmentation du nombre de personnes dans le camp, et afin d'éviter les maladies, plus de 100 toilettes supplémentaires sont nécessaires. Actuellement, pour lutter contre les flambées de maladies telles que le paludisme, le choléra et la dysenterie, l'AMREF, en partenariat avec le ministère de la Santé, effectue la pulvérisation régulière du camp à l’aide d’un produit chimique à effets multiples (microbicide et insecticide). Les deux organismes assurent aussi une formation des habitants du camp à l'hygiène personnelle et à l'assainissement. La pulvérisation contribue à protéger la santé de cette population vivant dans de conditions difficiles à Jamhuri Park Camp
De mal en pis - Témoignage d’une personne déplacée
Dans une grande salle sombre à Nairobi Jamhuri Park, Teresiah Muthoni berce son bébé à peine âgé de six mois, qui continue à téter, inconscient des lieux sur lesquels il se trouve.
Teresiah, 26 ans, et ses quatre enfants, ont fui leur maison dans le bidonville de Kibera pour échapper à la violence provoquée par les élections générales au Kenya le mois dernier. Ils se sont réfugiés au Parc Jamhuri, qui est transformé en un camp pour personnes déplacées.Tout autour d'eux des centaines d'autres familles sont dans les mêmes difficultés.
Les enfants plus âgés mangent des pommes. Pour le petit-déjeuner d'aujourd'hui, ils prennent une tasse de gruau de millet et une pomme offertes par une des organisations humanitaires présentes dans le camp. La famille repose sur un matelas mince étalé dans le hall, où sont entassés 200 femmes et enfants. Ils gardent à côté d’eux le peu de biens qui leur restent. A ce jour, 4000 personnes se sont réfugiées au parc Jamhuri. Ce chiffre devrait augmenter si la violence continue. La plupart des gens passent la nuit à la bonne étoile, sur des bancs dans le parc.
Ces derniers jours, il pleut beaucoup. Une odeur nauséabonde flotte dans l'air. Bien qu'il existe des toilettes compartimentées à proximité du camp, la plupart des gens dans le camp ne savent pas s’en servir, préférant utiliser les champs autour du camp.
« Ces toilettes sont très sales. Nous préférons trouver un autre endroit dans l'enceinte du camp pour nous soulager », dit Teresiah. Pour aggraver les choses, il n'y a que 10 douches dans le parc que tous les réfugiés doivent partager.
Soucieux du risque d'apparition de maladies diarrhéiques et d’autres maladies liées au manque d’hygiène dans le parc l'AMREF a fait construire des latrines et des salles de bains, et de gère l'élimination des déchets solides.
« Il n'y a pour l'instant qu’une toilette pour 100 personnes. Or, il est recommandé d’en avoir une pour 20 personnes. Nous devons agir rapidement pour éviter une crise imminente », raconte George Kimathi, agent AMREF chargé de coordonner les opérations de la zone de Kibera. L'AMREF travaille en collaboration avec des bénévoles issus de la communauté des personnes déplacées pour creuser des latrines et éduquer les réfugiés en matière d'hygiène et d'assainissement. L'AMREF a également installé des réservoirs d'eau d'une capacité de 25000 litres pour donner aux réfugiés un accès facile à l'eau potable.