Temoignage de Monica

Life Skills Club member Monica Amono, 17, speaks about hygiene and the importance of proper nutrition to fellow students at the YY Okot Girlsâ?? School.Monica Amono s'adresse à une salle comble. Elle sensibilise les écolières, aux questions d’hygiène et à l'importance d'une alimentation équilibrée. Dans son uniforme d'étudiante elle incarne la féminité et le sang-froid: ses vêtements sont propres et impeccablement repassés, ses cheveux  sont courts et bien coiffés. Au cours de la précédente année scolaire, elle a déjà fait un exposé semblable à plus de 100 personnes vivant dans un camp de personnes déplacées au nord de l'Ouganda. Il faut beaucoup de courage pour parler devant une foule et l’encourager à changer ses attitudes et son comportement. C'est encore plus difficile pour une adolescente de s'adresser à des villageois blessés physiquement et moralement par la guerre et la pauvreté. Pourtant, Monica le fait avec une admirable confiance.

Quels sont les difficultes du peuple du nord de l'Ouganda  et des filles en particulier ?

La plupart des filles de mon école ont perdu un ou deux parents, et la fratrie est  dispersée dans  les camps de personnes déplacées. Parfois sept personnes sont obligées de partager une petite hutte. Souvent, on demande aux filles de partir ou on les marie  afin de réduire le fardeau de la famille. Ces difficultés ont conduit de nombreuses jeunes filles à se tourner vers la prostitution pour gagner de l'argent. Beaucoup d'entre elles quittent prématurément l'école pour cause de grossesse ou pour prendre soin de leur famille.

Les enfants vivent dans la peur constante d'être enlevés par des soldats rebelles de la Lord's Resistance Army ou les pillards Kara majong. Ces filles sont destinées à devenir les épouses des rebelles.

Les camps de personnes déplacées sont  surpeuplés et manquent d'eau, L'hygiène y est très mauvaise. Les épidémies de choléra sont fréquentes. Il n'est pas facile de vivre dans le nord de l'Ouganda. Les gens sont pauvres, alors que les produits de base comme le savon et les denrées alimentaires sont très coûteuses.

Quelle formation avez-vous reçue en tant que membre du Club de dynamique de la vie (Life Skills Club)?

J'ai appris aux gens à m’écouter  par le biais du théâtre, de la musique et de la poésie. J'ai également reçu une formation en premiers soins et j'ai appris beaucoup de choses sur la santé, sur l'assainissement et l'hygiène, la nutrition, les maladies sexuellement transmissibles, le VIH/sida, et sur le traitement des malades.

J'ai reçu une formation sur la manière de conseiller les jeunes traumatisés par la guerre. Parfois, je rends visite aux "navetteurs nocturnes», enfants venant chercher refuge dans la ville la nuit pour éviter d'être enlevés par des militaires rebelles. Beaucoup d'enfants ont réussi à échapper à la captivité, mais sont toujours choqués et souffrent de dépression. Je leur parle et les rassure pour qu'ils se sentent moins seuls.

Dans le nord de l'Ouganda, peu de filles continuent après l'école primaire. Notre école les encourage à apprendre les matières scientifiques pour devenir médecins et  infirmières; les jeunes pourront ainsi participer pleinement aux activités liées à la promotion de la  santé dans les communautés.

Comment utilisez-vous les compétences acquises pour améliorer la santé et le bien-être de votre communauté?

J’organise des exposés destinés à mes camarades de classe sur l’importance d'une bonne hygiène et d'une nutrition correcte. J'insiste aussi sur l'importance de continuer ses études, sur les méthodes de contraception pour éviter d'être enceinte et sur la prévention du Sida. Je les encourage à se faire dépister  afin de connaître leur état de santé. Je les incite à se soigner. Ces conseils sont très importants car il y a beaucoup d'abus sexuels dans les camps.

Chaque semestre, les membres du Club organisent des sessions de sensibilisation pour la communauté. Le semestre dernier, j’ai fait un exposé dans un camp de personnes déplacées sur la nutrition. L'hygiène et l'assainissement sont également des enjeux majeurs dans les camps. Les toilettes n'existent pas et les gens se soulagent dans les buissons ce qui accroît le risque de propagation des maladies. Je leur dis pourquoi de telles pratiques sont dangereuses, et les encourage à creuser et à utiliser des latrines. Je leur conseille également de faire bouillir leur eau avant de la boire.

Parfois, nous visitons les hôpitaux pour parler aux malades. Nous rendons également visite aux personnes infectés par le VIH. Nous les aidons à faire des tâches ménagères comme ; la cuisine, le nettoyage, la corvée d’eau et le ramassage du bois à brûler. Au départ, j'avais peur de cotoyer des personnes sidaiques, mais je me suis habituée peu à peu. Beaucoup de gens dans la communauté ont les mêmes craintes. Nous les encourageons à prendre soin de ces malades et de les comprendre

Quelles sont les différences entre la formation professionnelle à l'école et la formation dans la communauté?

Contrairement au passé, aujourd’hui les filles n’ont plus peur de partager leurs expériences ou de s’entraider pour prendre des décisions averties. Elles sont maintenant très optimistes. Elles parlent d'améliorer leurs conditions de vie.Beaucoup de filles ont aidé leurs frères et sœurs, amis et membres de la communauté à traverser des situations difficiles grâce aux compétences acquises lors de la formation en dynamique de la vie.

Certaines filles qui ont choisi de retourner à l'école après avoir assisté aux séminaires de formation en dynamique de vie (Life Skills club) ont réalisé qu'elles peuvent améliorer leur vie et leur santé même si elles sont déjà mères. La communauté a une nouvelle vision des filles; éduquer une fille n'est plus considéré comme un gaspillage d'argent, Les filles s sont maintenant appréciées pour leur contribution au bien-être de la communauté.

Je suis fière de pouvoir participer à l’améliorer la santé de ma communauté. Apres mes études, j’ai l’intention de devenir médecin.

Pour en savoir plus sur les activités de l’AMREF dans la promotion de l’éducation des filles dans le nord de l’Ouganda 

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