Projet de l’Enfance en besoin de Dagoretti, Kenya
Dans une petite cuisine du Centre de l' Enfance dans le besoin de Dagoretti, Amos Ndung’u s’applique avec minutie à faire des finitions sur un gâteau coloré orange et blanc. Ce gâteau sera partagé en tant que cadeau de l'Avent entre les 180 enfants que le centre accueille. Pendant qu’il attend que le glaçage prenne, nous lui posons des questions sur les problèmes auxquels font face les enfants abrités dans ce centre.
Voici sa réponse: "La plupart des enfants sont des orphelins qui vivent seuls ou avec leurs parents adoptifs. D’autres viennent de foyers très pauvres. Nombreux sont les enfants vivant dans de pareilles situations qui décident de se nourrir seuls. Ils quittent l’école pour aller chercher du travail, ou tout simplement quittent leur foyer pour une vie dans la rue. Et puis, il y a des enfants qui viennent des foyers où ils ont été abusés. Dans la plupart des cas, ces enfants doivent travailler afin d’arrondir le revenu familial".

L’histoire d’Amos
Ex enfant de la rue, Amos Ndung’u a reçu un soutien de l’AMREF et il aide à son tour d’autres enfants de la rue. Après la séparation de mes parents, ma mère nous a emmenés, moi et mes six frères et sœurs à Nairobi. Elle faisait des petits boulots comme faire la lessive pour gagner de l’argent pour nous nourrir. J’ai moi-même gardé des troupeaux et fait des travaux agricoles pour gagner de l’argent. On n’en avait jamais assez à manger. La vie était dure.
Et puis, en 2005 ma soeur est venue au Centre. Elle nous parlait des jeux auxquels elle jouait dans le centre. Elle s’entraînait au théâtre, à la danse et à la vidéographie. Je suis arrivé au Centre en 2005. On m’a conseillé de venir ici tous les jours pour participer aux activités. Si je manifestais, après un an, une volonté d'améliorer ma vie, on m’aiderait à apprendre le métier de mon choix.
Tous les matins, nous avions des discussions. On nous donnait les principes de base et on nous encourageait à nous aimer et à nous respecter. Il y avait des séances sur l’abus des drogues, la reproduction, le VIH/SIDA et les MST. Je jouais au football et au volleyball. J’ai aussi appris le Tae Kwondo et la vidéographie.
Un an après, l’AMREF a financé mes études pour que j’apprenne à faire la cuisine et la boulangerie-pâtisserie au Restaurant Maria et au Centre de Formation situé à Kawangware. Un jour, je suis rentré chez moi pour m’apercevoir que ma mère, mes frères et soeurs avaient disparu. Je me suis trouvé seul. L’AMREF m’a trouvé un droit où vivre au centre de l’Enfance de Dagoretti, un lieu pour enfants démunis. J’y vis toujours.
La nuit, je parle aux enfants et leur demande d'éviter la drogue pour ne pas ruiner leurs chances de réussir dans la vie. Je leur parle du VIH/SIDA et de la prévention. Je vais souvent au Centre de Dagoretti et lorsque les enfants découvrent mon travail , ils sont impressionnés. Ils me posent des questions sur la nature de mon travail et ce qu’il faut faire pour y arriver. Je fais de mon mieux pour les encourager.
Je me suis amélioré. J’espère réussir ma vie. Je sais avec certitude où je veux aller et ce que je veux devenir. Cette formation m’a aidé à avoir confiance en moi. Je veux faire passer cet espoir et cette vision aux autres enfants qui vivent les mêmes difficultés que les miennes".